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Jeunesse / Formation / Enseignement; 1905-1940

Jeunesse / Formation / Enseignement: 1905-1940

     C'est le 1er novembre 1905 que Paul-Émile Borduas voit le jour à Saint-Hilaire. Fils de Magloire Borduas et d'Éva Perreault, il est le quatrième d'une famille qui comptera sept enfants (quatre filles et trois garçons). Paul-Émile fait ses études primaires à Saint-Hilaire, en plus d'y prendre des cours privés de français. La famille fréquente l'église locale où le jeune Paul-Émile découvre l'art de celui qui allait devenir son maître : Ozias Leduc. L'artiste y avait exécuté la décoration entre 1896 et 1899 (1).

     Borduas entreprend ses études en arts plastiques et en histoire de l'art sous la direction de Leduc en 1922 et débute comme apprenti auprès de son maître dès le mois de juin de cette même année en travaillant à la décoration de la Chapelle privée de l'évêque de Sherbrooke. Il profite de son séjour dans cette ville pour prendre, le soir, des cours de dessin à l'École des arts et métiers où il gagne un premier prix. À l'automne 1923, il s'inscrit à l'École des beaux-arts de Montréal où il étudie entre autres sous l'égide de Charles Maillard, Robert Mahias, et Edwin Holgate.

     Tout au long de ses études, il continue d'assister Leduc dans la décoration d'églises, tout en participant à différentes activités locales (2). Il commence sa carrière de professeur de dessin à l'école du Plateau, à Montréal, en 1927, et cette même année il participe à une première exposition en présentant une gravure sur bois, Sentinelle Indienne , à la Exhibition of Works by Canadian Artists tenue à la maison Eaton. L'été suivant, un voyage d'études l'amène à New York et à Boston. En 1928, bien qu'il soit réengagé à Montréal pour enseigner à mi-temps, il démissionne de son poste en octobre et part pour la France, où, dès janvier 1929, il entre aux Ateliers d'art sacré dirigés par Maurice Denis et Georges Desvallières. L'automne de cette année, il collabore à la décoration des églises de Rambucourt et de Xivray (3). Revenu au Québec en juin 1930, il reprend son travail auprès de Ozias Leduc. En août 1932, Borduas peint six cartes historiques pour le chalet du Mont-Royal avant de retourner, en septembre, à l'enseignement du dessin à l'externat classique Saint-Sulpice, où il reste jusqu'en 1943.

     Découragé de la situation artistique du Québec frappé par la Grande Dépression au début des années trente, Borduas rêve de s'exiler au Brésil et en Amérique du Sud, de même qu'aux Nouvelles-Hébrides et aux îles Tuamotu, mais aucun de ces projets ne se réalisera. Installé à Montréal, rue de Chateaubriand, en 1932, il est engagé dès l'année suivante pour enseigner le dessin dans cinq écoles de quartier, à raison de quatorze heures par semaine. En juin 1935, il épouse Gabrielle Goyette, originaire de Granby. Le couple déménage sur la rue Napoléon où naîtront trois enfants: Janine, Renée et Paul.

     Borduas entre à l'École du Meuble comme professeur en 1937, en même temps que Maurice Gagnon. Ce dernier signe d'ailleurs le premier article consacré au peintre, intitulé « Paul-Émile Borduas . . . peintre montréalais (4)  ». Publié dans La Revue moderne , ce texte inaugure une fortune critique qui ne s'est point tarie à ce jour.

     Dès cette époque, commence pour Borduas une suite d'années fébriles, où le peintre conjugue ses fonctions de professeur avec sa pratique picturale et son implication dans le milieu: il écrit, publie, anime des forums et donne des conférences (5). Le 15 février 1939, Borduas fonde avec John Lyman et Robert Élie la Contemporary Arts Society dont il est le vice-président.


    1. Sur Ozias Leduc, voir entre autres Laurier Lacroix, Ozias Leduc. Une œuvre d'amour et de rêve. Musée des beaux-arts de Montréal, 1996.

    2. Mentionnons, entre autres, qu'en 1925 il assiste Leduc dans la décoration des fêtes de la Saint-Jean- Baptiste à Saint-Hilaire et, en 1928, il collabore à l'exécution des décors pour la pièce de théâtre, Madeleine, du Dr Ernest Choquette.

    3. Rambucourt et Xivray sont deux petits villages de la région de la Lorraine, en France.

    4. Maurice Gagnon, « Paul-Émile Borduas . . . peintre Montréalais » La Revue Moderne, vol. 18, no 11, septembre 1937, p. 10-11.

    5. En 1942, il publie « Fusain » dans Amérique française sur une œuvre de Jacques de Tonnancour. En novembre de cette même année, il présente « Des milles manières de goûter une œuvre d'art » devant les membres de la Société d'études et de conférences à l'Hôtel Windsor, dont le texte est publié l'année suivante dans Amérique française.